ï»ż 2013 juillet | Mes-idĂ©es

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Mes créations et points de vue

Moi, elles sont passĂ©es, merci. Oh, elles n’auront pas durĂ©es bien longtemps, 2 semaines, et pas un seul jour, je n’ai pas Ă©tĂ© occupĂ©. Pourquoi ? Car j’ai pris 2 semaines de vacances pour faire du bĂ©nĂ©volat. Le con ! Allez vous vous Ă©criez.

Pourtant, je ne regrette rien. Mieux : je le conseille fortement.
Le bĂ©nĂ©volat est souvent mal perçu, de par son concept mĂȘme, qui est de “travailler” sans rien gagner. Mais cette perception est totalement erronĂ©e. D’abord, parce que ce n’est pas un travail, pour plusieurs raisons. En premier lieu, car rien ne vous y oblige… Si ce n’est votre intĂ©rĂȘt pour la chose. Impossible donc de faire du bĂ©nĂ©volat si vous n’ĂȘtes pas un minimum intĂ©ressĂ©, personne ne vous forcera. Ensuite, parce que vos horaires sont libres, en tout cas, jusqu’Ă  un certain point (si vous vous portez volontaire, vous vous devez d’ĂȘtre un minimum impliquĂ© et ponctuel, ce qui est logique pour une question d’organisation notamment). Pour finir, c’est surtout parce que toute la hiĂ©rarchie d’une entreprise n’a pas de sens dans le bĂ©nĂ©volat : vous n’avez ni collĂšgue, ni supĂ©rieur, ni stagiaire : tout le monde est sur le mĂȘme plan.
DĂ©jĂ  rien qu’avec ça, le bĂ©nĂ©volat est vraiment agrĂ©able. Par ailleurs, je n’ai certes pas Ă©pluchĂ© le net sur le sujet, mais j’ai l’impression que les tĂ©moignages de bĂ©nĂ©voles sont rares, et c’est aussi l’une des raisons pour laquelle tant de gens se font une fausse idĂ©e du bĂ©nĂ©volat : parce que le clichĂ© n’est que rarement remis en question.

Moi, je vais le faire, et avec grand plaisir. Parce que je l’affirme sans honte, sans peur et sans hĂ©siter : le bĂ©nĂ©volat vous enrichit Ă  tout point de vue. Je ne peux cependant pas affirmer cette chose dans tout les domaines, puisque le bĂ©nĂ©volat que j’ai effectuĂ© n’en concerne qu’un seul, Ă  savoir, la sauvegarde des animaux, par l’intermĂ©diaire d’un centre de soins, mais je peux sans peine imaginer que le bien ĂȘtre qui en dĂ©coule touche tout les domaines bĂ©nĂ©voles, pour peu qu’on aime ce qu’on fait.
Bien sĂ»r, il n’est pas Ă©vident de prendre ses vacances uniquement dans ce but, et je comprends bien que beaucoup ne vont pas sacrifier leurs vacances pour ça… Mais rassurez vous : inutile de prendre 3 semaines ou plus pour ĂȘtre bĂ©nĂ©vole : renseignez vous, gĂ©nĂ©ralement, pour peu que vous ayez une frĂ©quence rĂ©guliĂšre (par exemple, une fois par semaine, un soir, une aprĂšs midi ou un matin, quelques jours d’affilĂ©s, quelques jours par mois, etc : les associations sont flexibles sur ce sujet), vous y serez bienvenue. Par ailleurs, j’ai pu rĂ©aliser que durant plusieurs annĂ©es, j’ai fait une Ă©norme erreur : je n’ai pas profitĂ© de mon chĂŽmage pour faire du bĂ©nĂ©volat… Pourtant, tout est rĂ©uni pour ce faire : une paye et du temps, que demandez de plus ? ChĂŽmeuses, chĂŽmeurs, n’hĂ©sitez plus : faites du bĂ©nĂ©volat ! Pas en dĂ©pit de votre recherche d’emploi, Ă©videmment, mais ce n’est pas comme si l’on recherchait un emploi 35 heures ou plus par semaine.

Je ne vais pas vous raconter en dĂ©tail ce qu’il s’est passĂ©, ce serait long et pas forcĂ©ment intĂ©ressant pour vous, lecteur, mais je peux rĂ©sumer : des dĂ©couvertes, de l’apprentissage, des rencontres, des sĂ©parations, de la bonne humeur, des moments de bonheur, de rire, de joie, de tristesse aussi. Oui, tout ça en 2 semaines seulement.
Les bĂ©nĂ©voles Ă©tant nombreux, forcĂ©ment, des rencontres et des sĂ©parations, vous en faites Ă©normĂ©ment. Toutes ne sont pas forcĂ©ment intĂ©ressantes ni intenses, mais dĂ©jĂ  ça, ça ne peut que vous enrichir socialement, en dĂ©couvrant tout un tas de personnalitĂ©s diffĂ©rentes, mais aussi, en dĂ©couvrant tout un tas de personnalitĂ© ayant au moins un mĂȘme centre d’intĂ©rĂȘt, ce qui facilite d’autant plus les conversations.

Ensuite, l’apprentissage, bien sĂ»r. Car hĂ©las, aucune Ă©cole n’apprends Ă  sauver ou Ă  nourrir des animaux… Pourtant, les animaux nous entourent, et certains drames pourraient ĂȘtre Ă©vitĂ©s si seulement on Ă©tait un peu plus renseignĂ©… Par exemple, nourrir un chouca avec des p’tit lu pendant plus d’une semaine parait si absurde qu’irrĂ©aliste, et pourtant, ce fut le cas…
On apprend ainsi plein de chose sur une faune qu’on Ă  tendance Ă  mĂ©connaitre quant bien mĂȘme elle se trouve Ă  cĂŽtĂ© de nous.

Le bonheur, le rire, les moments de joies sont liĂ©s tout autant aux personnes qu’aux animaux, qui pourront vous faire rire, vous donner d’intense moment de bonheur et d’auto satisfaction, qu’aucun travail ne pourra jamais vous donner. Voir s’envoler une chauve souris ou un oiseau aprĂšs l’avoir soignĂ© reste un moment magique que tout un chacun devrait connaĂźtre au moins une fois dans sa vie, tant ce moment est intense. Mais sans mĂȘme voir l’animal repartir, le voir aller mieux est une joie renouvelĂ©e rĂ©guliĂšrement, les voir vous chercher et vous considĂ©rer comme leur “mĂšre” pour leur donner Ă  manger, leur donner la becquetĂ©, sont des moments vraiment exceptionnels. Votre rapport avec certains animaux se transformeront radicalement. Par exemple, certains jours, les pies m’ont agacĂ©. DĂ©sormais, je doute qu’elles m’agacent Ă  nouveau, tant l’expĂ©rience avec une nichĂ©e fut intĂ©ressante et si plaisante Ă  vivre.

Pie

D’autres rapports sont inĂ©dits parce que sans bĂ©nĂ©volat, il aurait difficile voir impossible d’en avoir, parce que certains animaux sont si discrets, ou tout simplement car vous n’habitez pas dans la bonne zone, que vous n’en aurez jamais vu. Les faucons crĂ©cerelles, par exemple, sont communs en France, mais pourtant, rare sont celles et ceux qui en ont vu autrement que par les livres, la tĂ©lĂ© ou de trĂšs loin. Avec le bĂ©nĂ©volat, selon la pĂ©riode, vous pourrez en voir Ă©normĂ©ment, et de tout Ăąge… Vous y apprendrez ainsi que certains crient plus que d’autres, et que s’ils s’y mettent vraiment, bonjour les dĂ©gĂąts :-) Mais ça reste si craquant et attendrissant qu’on continue d’apprĂ©cier, voir leur petite bouille juvĂ©nile, leurs yeux de malices ou d’envie Ă  la libertĂ©, leurs dĂ©placements, leurs mouvements… C’est un spectacle qu’on ne peut apprĂ©cier qu’en le vivant, l’intermĂ©diaire de la tĂ©lĂ© ou de tout autre support vous prive de l’interaction en elle-mĂȘme, rendant la chose quasiment anodine.

Faucon crécerelle

Faucon crécerelle

A l’opposĂ© de ce beau tableau, il faut noter quelques contraintes, bien sĂ»r, mais minimes par rapport Ă  la richesse rĂ©coltĂ©. Tout d’abord, beaucoup de moments de bonheur, mais beaucoup d’amertume, aussi… Car nombreux sont les animaux qui ne survivent pas. Certains viennent trop amochĂ©s et ne tiennent pas longtemps, d’autres meurent de façon inexpliquĂ©e, mais en gros, la moitiĂ© vont mourir.
Et ne pensez pas Ă  vous attacher aux survivants ! Parce que trĂšs vite, une fois grandis, ils vont plutĂŽt avoir tendance Ă  vous fuir, et c’est tant mieux. Mais surtout, parce qu’au final, ils retrouveront leur libertĂ©. C’est triste d’un cĂŽtĂ©, car on ne peut s’attacher Ă  aucun animal, mais c’est bien mieux comme cela : leur place est dans la nature, en libertĂ©, sans notre mainmise.
Et puis, mĂȘme si dĂšs le dĂ©part on sait qu’on ne doit s’attacher Ă  aucun animal, et mĂȘme si globalement on rĂ©ussit bien -il y’a trop de mouvements pour qu’on s’attache vĂ©ritablement- malgrĂ© tout, on pourra se retrouver plus peinĂ© par un animal que les autres… Moi, c’est une petite mĂ©sange dont la mort m’a touchĂ© d’une façon profonde et Ă©trange. Une mĂ©sange qui piaillait toute la journĂ©e, qui arrivait mĂȘme Ă  nous Ă©nerver, car elle chantait tout le temps, avant, pendant et aprĂšs manger, le seul moment ou elle ne chantait pas, c’est quand elle dormait. Mais elle Ă©tait malgrĂ© tout craquante, maladroite, rigolote, faisait des pirouettes, avait le don de nous Ă©nerver par son chant incessant, mangeait maladroitement, elle Ă©tait mignonne malgrĂ© son aspect un peu nĂ©gligĂ©, mais attachante malgrĂ© tout. Son chant incessant et sa maladresse me faisait sentir qu’elle n’allait pas forcĂ©ment survivre, et ce fut hĂ©las le cas… MalgrĂ© le fait que je le pressentais, malgrĂ© le fait qu’elle m’avait moi aussi Ă©nervĂ© certaines fois, sa mort m’a profondĂ©ment touchĂ©… Pourtant, dans le mĂȘme temps, des dizaines d’animaux sont morts eux aussi, mais cette mort ci m’a particuliĂšrement fait un petit quelque chose, qui n’a pas vraiment de fondement. Cela ne veut pas dire que les autres morts m’ont laissĂ© indiffĂ©rents, bien au contraire, et je pourrais vous dĂ©crire bien d’autres morts, comme ce faucon quasiment adulte ayant percutĂ© quelque chose, qui est mort peu de temps aprĂšs son arrivĂ©e : Ă  peine eu le temps de le peser qu’il nous quittait, lĂąchant le contenu de son estomac d’un coup, puis la tĂȘte pendante. Mais la plupart trĂ©passent la nuit, ou Ă  l’abri des regards.
Et puis, lorsqu’il y’a trop d’animaux d’une mĂȘme espĂšce, on pourra s’en lasser… Une nichĂ©e de 12 pipistrelles, par exemple, Ă  nourrir 3 fois par demi-journĂ©e, au bout d’un moment, t’as l’impression de ne faire que ça, et tu auras tendance Ă  moins apprĂ©cier l’espĂšce… Sauf si le nourrissage n’est pas trop contraignant (quand ils mangent seul ou qu’il suffit de leur mettre dans leur bec grand ouvert), ou que tu apprĂ©cies vraiment l’animal (les faucons ♄).

La fin de sa pĂ©riode est lui aussi un moment triste, ou tout du moins mĂ©lancolique, parce qu’on sait qu’on va quitter tout ces animaux et qu’on ne les reverra jamais… On pourra en revoir d’autres, de la mĂȘme espĂšce, mais ce ne sera pas la mĂȘme chose, car chaque animal a sa personnalitĂ© propre, et oui… Ainsi, un geai juvĂ©nile nous gueulait dessus et pouvait nous grimper dessus pour qu’on lui donne Ă  manger, tandis qu’Ă  l’opposĂ©, un autre geai a rĂ©ussi Ă  me pincer avec son bec d’une force incroyable… C’est bien simple, j’ai failli perdre un morceau de doigt, et je le soupçonne de m’avoir lĂąchĂ© intentionnellement Ă  la fin (mais c’Ă©tait mon erreur, pour les geais, il faut des gants en cuir).
Pour le reste, la plus grande contrainte est la distance : si vous devez faire plusieurs dizaines de kilomĂštres pour faire du bĂ©nĂ©volat, pas sĂ»r que ce soit rĂ©ellement bĂ©nĂ©fique d’un point de vue empreinte Ă©cologique, vu que les vies Ă©ventuellement sauvĂ©es seront Ă  peine compensĂ©es par le bilan carbone, mais si vous avez une association Ă  proximitĂ© de chez vous ou que la gare n’est pas loin, pas d’excuse.
La derniĂšre contrainte, que je me dois de rĂ©vĂ©ler malgrĂ© tout, c’est… Le nourrissage. Oui, car que mange les oiseaux ? Vers et viande, voir, pour les faucons, des souris (remplacĂ©es par des poussins), qu’il faudra bien couper ou en tout cas donner aux oiseaux : sur ce point, mieux vaut ne pas ĂȘtre trop douillet, mĂȘme si on s’habitue vite.

Moments de tristesse et moments moins agrĂ©ables, oui, mais moments importants malgrĂ© tout. Et au final, tout ces moments vous enrichissent d’une façon exceptionnelle, vous en revenez plein les yeux de par leur beautĂ© et des souvenirs plein la tĂȘte, de par la personnalitĂ© des animaux et des expĂ©riences qui y seront liĂ©es.

Alors, je vous le dit sans concession : tenter le bĂ©nĂ©volat. Ne cherchez pas l’excuse du temps ou de la motivation : le temps, vous pouvez toujours en trouver, bien rares sont les personnes qui n’ont pas de temps libre, et mĂȘme si c’est le cas, est-ce que vos heures passĂ©es devant la tĂ©lĂ©, les jeux vidĂ©os ou Ă  faire des soirĂ©es Ă  boire ou Ă  refaire le monde sont vraiment utiles ? Ne pouvez vous pas faire une petite concession et consacrer quelques heures une fois par semaine ? Bien sĂ»r que si.
Pour la motivation, moi, c’est la nature qui m’intĂ©resse, et c’est pourquoi je me retrouve un peu limitĂ© dans le domaine : les centres de soin ne courent pas les rues, de mĂȘme que tout autre travail bĂ©nĂ©vole. Mais selon vos envies, beaucoup plus de choix peuvent s’offrir Ă  vous : renseignez vous un minimum, vous trouverez bien vite votre bonheur.

Vous rĂ©aliserez alors qu’ĂȘtre bĂ©nĂ©vole, c’est bien plus qu’ĂȘtre employĂ©. Non seulement vous aurez la satisfaction d’ĂȘtre utile Ă  la sociĂ©tĂ©, mais en plus, d’ĂȘtre utile pour l’environnement, Ă  votre modeste niveau mais quant mĂȘme ; et, cerise sur le gĂąteau, de votre cĂŽtĂ©, l’auto accomplissement sera Ă©levĂ©… Et surtout, votre expĂ©rience de vie sera enrichie d’une maniĂšre telle que vous n’aurez qu’une envie une fois votre pĂ©riode terminĂ©e : recommencez. Et vite.
Le bĂ©nĂ©volat nature, en relation avec les animaux, en tout cas, ce n’est que du bonheur. A tel point que la question que je me pose est la suivante : “pourquoi je ne l’ai pas fait avant ?” et “comment recommencer au plus vite ?”
Et c’est pourquoi je vous recommande chaudement l’aventure, Ă  portĂ©e de main, Ă  deux pas de chez vous bien souvent. Vous y gagnerez une riche expĂ©rience, vous Ɠuvrerez pour le bon fonctionnement de la sociĂ©tĂ© et en plus, dans le cas d’un bĂ©nĂ©volat nature, vous prĂ©serverez l’environnement : c’est du 100% gagnant, rĂ©sultats garantis.

Geai

Chouette Ă©vĂȘche

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