2013 août | Mes-idées

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Mes créations et points de vue

J’ai eu un rĂŞve. Enfin, rĂŞve, disons plutĂ´t, une forte envie, un dĂ©sir, une approche de la vie. Cette approche, ce fut l’ouverture d’une sociĂ©tĂ©, Ă  moi, qui me permettrait de vivre d’une de mes passions, tout en m’offrant des responsabilitĂ©s nouvelles.

Ce rĂŞve, je l’ai entrepris en 2010, après le renvoi d’un de mes travail, et je commenças donc Ă  rassembler les informations nĂ©cessaires Ă  l’ouverture d’une sociĂ©tĂ©. Premier constat : heureusement que le net existe. Les gens ayant ouvert une sociĂ©tĂ© avant ont du bien galĂ©rer, car la chambre du commerce n’explique pas grand chose, si ce n’est les documents Ă  rassembler… Oui mais, ou les trouver ? Notre ami google est notre ami. Second constat : c’est fastidieux, et cher. Cher parce que, quant bien mĂŞme tu prends la peine de faire les recherches pour ouvrir la sociĂ©tĂ©, rĂ©unir les papiers, travailler le concept, chercher les fournisseurs, et alors que, du cĂ´tĂ© administratif, ils se contentent de tamponner quelques papelards et de t’ajouter dans une base de donnĂ©es, c’est toi qui paye plus d’une centaine d’euros, hors publication lĂ©gale, ou plutĂ´t, arnaque lĂ©gale ? Parce que la publication lĂ©gale est obligatoire. Je veux bien, mais près de 50€ pour apparaitre dans un journal dans une rubrique que personne ne lit, ça fait cher tout de mĂŞme.
Fastidieux, car rien n’est centralisĂ©, tu dois courir Ă  droite Ă  gauche pour trouver les infos, les formulaires, puis les donner : greffe, impĂ´ts, journal… Ou comment compliquer une chose simple. La compliquer, et perdre du temps, parce que, entre le dĂ©pĂ´t d’ouverture et l’ouverture effective, officielle, il y’aura plusieurs mois qui vont passer…

Mais passons, nous Ă©tions prĂ©venus : la France est l’un des pays les plus compliquĂ©s et les plus chers au monde pour l’ouverture d’une sociĂ©tĂ©, et après, ils s’Ă©tonnent que les gens n’entreprennent pas. Ceci n’Ă©tant que le dĂ©but d’une longue sĂ©rie de galère…

Je pensais -Ă  tord- que 2 types d’entreprises pouvaient marcher : les grosses qui vendent beaucoup et se font peu de marge pour chaque article mais, le nombre aidant, les rendent rentables, et celles qui vendent peu mais dont la marge est plus Ă©levĂ©e, donc rentable.
Oubliez cette seconde catĂ©gorie, parce qu’elle n’est pas rentable. Ma niche de marchĂ©, c’Ă©tait les animes, un marchĂ© original, assez Ă©litiste parce que pas forcĂ©ment donnĂ© (les figurines, par exemples, tournent en moyenne Ă  50-60€), mais, Ă  mon avis (et encore maintenant), valable : les gens n’achètent pas forcĂ©ment des figurines et goodies quotidiennement, mais chaque achat est intĂ©ressant.
Sauf que. De une, les marges ne peuvent pas être exceptionnelles. Entre la TVA (près de 20%, rappelons le), le transport que tu as payé et la concurrence, ta marge sur chaque produit ne peut que rarement excéder 10€, ce qui limite fortement les choses.

Faibles marges, donc, et malgrĂ© tout, des taxes et cotisations qui te demandent des versements rĂ©guliers et immĂ©diats. Le piège classique ! Et cela, sans compter sur la publicitĂ© et le renouvellement de la marchandise, qui sont Ă  peu près indispensables si tu veux faire dĂ©coller ton entreprise, pour la publicitĂ©, pour te faire connaĂ®tre, et pour le renouvellement du stock, pour faire revenir les gens. Mais Ă©videmment, cela coute de l’argent, et si rien n’est vendu derrière, le gouffre s’agrandit toujours un peu plus…
Mais le coup de grâce fut quand mĂŞme les taxes et les cotisations sociales, près de 400€ par trimestre pour les cotisations sociales, et près de 1000€ par an pour les taxes, tout cela pour une sociĂ©tĂ© sans aucun employĂ© et sans bĂ©nĂ©fices ; et cela sans mĂŞme Ă©voquer la TVA qu’on rĂ©cupère certes, mais qu’on doit immĂ©diatement reverser, quand un plafond de plus de 700€ est demandĂ© pour que l’État te rembourse…

Après, soyons d’accord : cotisations et taxes ne sont pas les seules responsables de l’Ă©chec d’Aigae, ce serait trop simple et bien hypocrite de tout mettre sur le dos des institutions, bien des petites entreprises s’en sortent malgrĂ© ça, et c’est Ă©vident que j’ai aussi fautĂ© de mon cĂ´tĂ©.
Je m’Ă©tais refusĂ© de faire dans le classique genre One piece, DBZ ou Naruto, parce que existant dans beaucoup d’autres commerces, et trop “facile” ; d’un cĂ´tĂ©, je ne regrette pas ce choix, mais de l’autre, ça m’a amenĂ© Ă  prendre des objets beaucoup trop spĂ©cifiques, notamment de sĂ©ries mĂ©connues ou n’ayant pas vraiment marchĂ©, avec un rĂ©sultat prĂ©visible : ça ne se vendait pas.
Certains objets avait un gros potentiel, mais Ă©taient peut ĂŞtre trop chers… Je pense notamment au parapluie ou Ă  la montre Berserk, 130€ et 500€ environ respectivement, le pire Ă©tant que les marges que j’ai faite n’Ă©taient pas si Ă©levĂ©es que ça…
De plus, ma frĂ©quence de mise en avant de produits n’Ă©tait pas bonne : j’achetais de gros lots d’un coup, ce qui a fait que le renouvellement du stock Ă©tait très peu rĂ©gulier. Alors, cela s’explique par les frais de port Ă©levĂ©s, mais au lieu de tout mettre Ă  la vente directement, j’aurais du ĂŞtre plus patient et mettre un nouveau produit par semaine, par exemple, comme cela j’aurais pu mieux le mettre en valeur.
Au niveau de la publicitĂ©, ce fut aussi assez laborieux, et certaines campagnes ne m’ont absolument rien rapportĂ© : il faut vraiment Ă©viter de multiplier la publicitĂ© sur n’importe quel site, il faut analyser chacun des sites qui propose de la publicitĂ© et ne pas hĂ©siter Ă  tout annuler au moment ou on rĂ©alise que l’apport de visiteurs est faible, surtout si en plus aucun n’achète.

Des erreurs qui ne pardonnent pas un commerce, et voici donc Aigae qui ferme ses portes, faute de ventes, mais aussi Ă  cause des cotisations et taxes. Aucune dette, mais aucun gain : voici la conclusion d’Aigae, qui m’aura fait perdre Ă©normĂ©ment d’argent durant près de 4 ans… J’aurais du fermer l’entreprise il y’a dĂ©jĂ  2 ans, mais que voulez vous, cela non plus, ça ne se fait pas tout de suite, et mĂŞme pour fermer l’entreprise, revoilĂ  les procĂ©dures, cotisations et taxes qui rendent votre commerce d’autant plus dĂ©ficitaire pour vos comptes…. Publication lĂ©gale, chèque aux impĂ´ts (mais pour quelle raison ?), chèque au Tribunal…

L’aventure m’aura appris des choses -encore heureux- mais au final, j’ai plus perdu que gagnĂ© dans cette affaire, et j’en profite pour vous livrer ma modeste expĂ©rience dans le domaine, elle vaut ce qu’elle vaut, mais sachez que les mises en garde concernant la difficultĂ© d’ouvrir et de maintenir une sociĂ©tĂ© Ă  flots ne sont pas vaines : rĂ©flĂ©chissez y Ă  deux fois avant de vous lancer, et surtout, faites des prĂ©visions en bĂ©ton armĂ© pour pĂ©rennisez votre activitĂ©.

Aigae - Fin -

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