ÔĽŅ 2013 d√©cembre | Mes-id√©es

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Mes créations et points de vue

Quelle est la chose la plus facile d’acc√®s ?

Ce n’est certainement pas l’√©criture d’un livre. Pourtant, on pourrait le croire, sur le papier -c’est le cas de le dire- il suffit d’une plume, de feuilles, d’un peu d’id√©es, et hop ! Ou plut√īt, retranscrit √† notre √©poque, d’un pc et d’une imprimante, et en plus, √ßa va beaucoup plus vite.

Mais en fait, il n’en est rien. Plus facile √† dire qu’√† faire, c’est l’expression qui sied √† merveille √† l’√©criture d’un livre. Alors, attention, je ne parle pas du tout en tant qu’√©crivain, je ne le suis pas, et ce n’est pas parce que j’ai pu √©crire 2-3 choses que je pense l’√™tre, soyons d’accord.
Je parle en tant qu’anonyme ayant essay√© l’√©criture, rien de plus.

Alors, pourquoi ce serait difficile ? Eh bien, en premier lieu, c’est l’imagination. √Čcrire une histoire, c’est simple, √©crire une histoire structur√©e, tout de suite, c’est plus difficile.
Ga√Įana, par exemple, j’avais la fin, j’avais le h√©ros, j’avais le cŇďur de l’histoire, mais √ßa ne suffisait pas pour en faire un livre ou une histoire. Eh oui.
Ensuite, mine de rien, il faut avoir un minimum de syntaxe et d’orthographe. Attention cependant, la majorit√© des gens pensent qu’il faut √™tre tr√®s dou√© dans l’√©criture ; non, pas du tout. J’ai d√©j√† pu lire plusieurs livres tr√®s simplistes, inutile d’avoir fait un Bac litt√©raire ou d’avoir un Bac + 5 : il suffit de savoir √©crire, en fait.

Mais √ßa, si vous voulez, c’√©tait l’hors-d‚ÄôŇďuvre. La base de la base. Le premier obstacle facile √† franchir, par rapport au reste.
Car si tu as l’histoire et la capacit√© d’√©criture, il reste le gros du morceau √† r√©aliser. C’est √† dire… √Čcrire.

Oui, √©crire. Car il faut trouver le temps et la motivation pour ce faire. Et c’est tr√®s loin d’√™tre simple. Car lorsque je parle de temps, imaginez bien que si vous avez 5-10 minutes dans la journ√©e, √ßa ne suffira pas. Car avant d’√©crire, il faudra vous souvenir de l’histoire que vous avez √©crite, de la suite directe ainsi que tout les √©l√©ments ant√©rieurs pour que votre histoire reste cr√©dible. Il vous faudra donc, si vous n’avez pas √©crit pendant quelques temps, relire ce que vous avez √©crit, pour bien vous remettre dans le bain. Ensuite, √©videmment, il faudra une bonne dose de concentration et d’inspiration pour pouvoir √©crire sans trop de probl√®me ; le “blanc”, ce terme qui d√©signe un manque d’imagination dans son histoire ; ou plut√īt, un manque d’imagination qui vous satisfait, n’est jamais trop loin.
Mais en plus du temps, il vous faudra √™tre motiv√© ! Car si vous commencez √† √©crire, il faudra oublier toute distraction, t√©l√©phone, internet, livres, sorties, musiques, vid√©os, t√©l√©… Rien ne devra vous distraire.
Et en sachant cela, encore plus difficile de se motiver, surtout si on a d’autres choses √† faire, ce qui fait office de cercle vicieux…

Et ce n’est pas tout. Car la motivation, ce n’est pas simplement le fait d’√©crire ou non. En effet, il y’a bien des √©l√©ments qui vous d√©motivent : notamment l’√©l√©ment cl√©, c’est √† dire, la fameuse question “pourquoi j’√©cris ?”
G√©n√©ralement, avant tout, et quoi qu’on en dise, on √©crit pour soi. Pour coucher sur papier une histoire qui nous parait int√©ressante, et qu’on aime retrouver en int√©gralit√©, bien ficel√©e, finement construite et cl√ītur√©e, surtout pour nous vider notre t√™te de cette histoire qui nous trottait dedans pendant quelques temps.
Mais, si l’histoire n’est √©crite que pour nous, cela implique bien des probl√®mes : lorsqu’un blanc survient, tu auras tendance √† abandonner, lorsqu’une baisse de motivation, une envie de passer √† autre chose ou un √©v√®nement qui te force √† penser √† autre chose arrivent, il y’a de fortes chances que tu repousses l’√©criture de ton livre √† une date ind√©termin√©e, souvent plusieurs mois voir ann√©es, sans que personne ne te motive plus que cela pour continuer.

Car oui, √† la base, un auteur, c’est une personne seule. Tu n’as ni imp√©ratif financier, ne vivant pas de cette passion, ni fans √† satisfaire, ni d√©lais. Et pour peu que ton entourage ne soit pas forc√©ment au courant de ton envie d’√©crire, tu resteras d√©sesp√©r√©ment seul pour te motiver. Et le pire, c’est que des fois, tu ne sais m√™me pas pourquoi tu n’es plus motiv√©, et personne ne pourra te l’expliquer.
Pour la petite anecdote, concernant Ga√Įana, je me souviens avoir bloqu√© durant plusieurs mois pour une raison qui m’√©chappait. Apr√®s plusieurs mois sans √©crire un seul mot, je m’y suis remis. Et pour m’y remettre, je fus forc√© de relire le livre. Et l√†, le d√©clic… En r√©alit√©, ce qui m’avait √īt√© toute motivation, ce qui m’avait enlev√© toute envie de continuer, c’√©tait simplement parce que j’avais fait partir l’histoire d’une fa√ßon qui ne me plaisait absolument pas, et qui bloquait l’histoire ! J’ai donc du supprimer plusieurs paragraphes pour pouvoir reprendre sereinement.

C’est dans ces moments l√† qu’il apparait qu’√™tre √©crivain, pay√© pour cela, serait int√©ressant : pouss√© par ton besoin financier, pouss√© par ton √©diteur, et pouss√© par tes fans. Au moins, tu aurais un minimum de motivation.

Mais une fois l’√©criture termin√©e, le livre n’est pas fini pour autant… De nombreux obstacle restent √† gravir. En premier lieu, la relecture et la mise en page. C’est l’aspect “administratif” vital pour que ton manuscrit soit un minimum pr√©sentable, mais c’est incroyablement ennuyeux √† faire, surtout si ton livre fait plus de 200 pages.
Et une fois fini, un autre challenge t’attends : la reliure. Vous pensez que c’est simple ? En dehors du co√Ľt que √ßa occasionne (quelques euros on va dire, mais pour chaque exemplaire : si vous en imprimez 10, vous arriverez rapidement √† une centaine d’euros), il faut en trouver ! Eh oui, les papeteries qui ont le mat√©riel pour ne sont pas l√©gions, j’ai pu en trouver une qu’apr√®s une dizaine d’essais.

Et l√†, nous rentrons dans la difficult√© supr√™me, √† comprendre, sortir son livre. Si vous d√©sirez le distribuez juste √† vos proches, ou mieux, si vous n’en voulez qu’un exemplaire pour vous m√™mes, pas de souci. L’histoire s’arr√™te l√†, vous √™tes fier de votre travail et tout s’arr√™te.
Mais g√©n√©ralement, une fois le livre termin√©, on va se dire “maintenant qu’il est fini, pourquoi ne pas tenter de le rentabiliser, d’en tirer quelques sous ?”
Et c’est vrai, pourquoi ne pas le faire ? Et l√†, vous vous lancez dans une autre aventure. Car quand on parle de maison d’√©ditions, on pense forc√©ment √† des grands noms comme Hachette, Castermann et autre Gl√©nat. Sauf que. Sauf que ces maisons d’√©ditions sont √©norm√©ment sollicit√©es, et qu’elles vont donc tr√®s soigneusement s√©lectionner les livres qu’elles vont √©diter.
En clair : les nouveaux auteurs, vos chances sont aussi √©lev√©es que de gagner au loto. A moins d’√™tre particuli√®rement dou√© (ce qui reste possible, je le con√ßois) et de faire l’unanimit√©, ces maisons d’√©ditions ne vont pas vous ouvrir leurs portes.
Restera alors la seconde option : les autres √©diteurs. Lesquels ? Et l√†, c’est le drame : en se penchant un peu sur ce sujet, on r√©alise bien vite que, non seulement il existe plusieurs centaines de maisons d’√©ditions (sisi), mais qu’en plus, la plupart sont sp√©cialis√©es dans un domaine bien pr√©cis : po√©sie, aventures, livres √©trangers, histoire, etc.
Il va donc falloir faire plusieurs tris avant d’envoyer quoi que ce soit.
Car, oui, √©videmment, vous ne le saviez pas ? 95% des maisons d’√©ditions refusent le format √©lectronique. Il vous faudra d√©poser votre manuscrit, et donc, bien souvent, l’envoyer par la poste, avec les frais que cela engendre. Et si vous voulez faire des √©conomies pour √©viter de devoir imprimer et relier une trentaine d’exemplaires de votre livre, soyez pr√©venus : la majorit√© des maisons d’√©ditions vous renvoie votre manuscrit uniquement si vous payez les frais de port, sinon, ils le d√©truisent.
Donc soit tu imprimes et relis une trentaine de manuscrits et tu envoies tout en m√™me temps, ce qui te coutera bien plus d’une centaine d’euros, soit tu te limites √† 4-5 exemplaires, mais tu perdras un temps √©norme, le temps que les maisons d’√©ditions lisent ton manuscrit, le jugent, le renvoient, ce qui prend souvent 2 mois au moins.

Et √©videmment, un peu comme pour les offres d’emplois, tu auras bien plus de refus que d’acceptation, √† la diff√©rence pr√®s qu’au moins, tu auras toujours une r√©ponse, ce qui est d√©j√† une bonne chose.
Seulement, les refus ne font jamais vraiment plaisir, et c’est toujours douloureux de savoir que ton livre n’est pas bon. De l√†, 3 solutions s’offrent √† toi : soit tu te fais une raison et tu abandonnes, soit tu pers√©v√®res, soit tu “triches”.
Dans la solution de l’abandon, il faut ravaler sa fiert√©, et tu auras toujours l’impression d’√™tre un √©crivain rat√©, ou mauvais, ce qui n’est pas forc√©ment vrai, car bon nombre de livres ne sont pas √©dit√©s non pas √† cause de la qualit√© du livre, mais plut√īt de son contenu : si vous faites dans le politiquement incorrect, ou si vous traiter de sujet sensibles, il y’a des chances qu’on vous refuse votre livre uniquement √† cause de son sujet. Apr√®s, il faut quand m√™me rester clairvoyant, et savoir se remettre en question : apr√®s 200 refus, il y’a des chances que la qualit√© du livre soit r√©ellement √† remettre en cause, mais c’est difficile √† avouer.
Dans la seconde solution, la pers√©v√©rance, il y’a deux cat√©gories : soit tu multiplies les soumissions aux √©diteurs, ou alors, tu remanies ton livre pour le rendre meilleur. Dans les deux cas, √ßa prend du temps et √ßa exige une motivation sans faille.
La derni√®re solution, enfin, la “triche”, c’est ce qu’on appelle le compte d’auteur. Kesaco ? Certains √©diteurs acceptent tout les ouvrages qu’on leur propose… A condition que l’auteur mette la main au porte monnaie et paie une partie de l’impression de son livre. Selon la taille du livre, le prix varie, mais pour un livre de 300 pages, comptez 3000-4000‚ā¨. Eh oui !
Cette solution est id√©ale pour les auteurs en mal de reconnaissance : au moins, ils sont sur d’√™tre publi√©s ! Par contre, en terme de qualit√© et de ventes, c’est une autre histoire… En effet, quel que soit la qualit√© de ton livre, il sera publi√©, ce qui t‚Äô√īte toute critique de la part de l’√©diteur, ce qui n’est pas vraiment valorisant. De plus, vu que c’est si “simple” de se faire publier, vous imaginez bien que le nombre de livres publi√©s est plus √©lev√©s que la normal, et m√™me si l’√©diteur va mettre en avant votre livre sur sa page web pendant un temps, il ne fera pas grand chose de plus, √† vous de faire votre propre publicit√©… Ce qui, pour certains, √īte toute qualit√© √† l’√©diteur, certains consid√®rent ces √©diteurs comme des profiteurs sans scrupule, et c’est un peu vrai, puisque, au niveau financier, ils ne prennent aucun risque, vu que vous allez financer l’√©dition de votre livre, ils ne seront jamais perdant, par contre, vous, si le livre ne se vend pas bien, ce qui probable, car, lorsque je dis “ne se vend pas bien”, √† comprendre, ne vous permet pas de rentabiliser votre investissement, ce qui fait qu’il vous faudra vendre au minimum un millier d’exemplaires, ce qui est loin d’√™tre facile vu la concurrence.

Bref, vous l’aurez compris : √©crire un livre, ce n’est pas si simple. Cela exige une motivation et une volont√© sans failles, mais aussi, de nombreuses dizaines d’heures.
Cependant, de par son enrichissement d’un point de vue √©criture mais aussi culturel, car vous allez vous forcer √† apprendre des choses pour le r√©aliser, de par sa satisfaction de le finaliser, je ne peux que vous conseiller d’aller au bout de vos id√©es, et d’√©crire votre livre, si vous en avez l’intention. Sachez juste que ce n’est pas si simple, mais ce billet n’a aucunement l’intention de d√©courager ou de d√©conseillez de vous lancer dans l’aventure. La preuve : j’en suis √† 5 livres √©crits.. Et non publi√©s.

Pourquoi ? Car il existe une alternative, en ces temps d’internet : le net, justement. Amazon (et d’autres) proposent de publier tout vos ouvrages, les inconv√©nients sont au nombre de deux : d’abord, √©videmment, cela ne sera qu’en format √©lectronique, point de format papier, mais surtout, au niveau publicit√©, comme pour le compte d’auteur, c’est √† toi de te d√©brouiller ! Tes livres pourront donc tr√®s bien n’avoir aucune vente pendant des ann√©es, mais au moins, tu n’auras rien d√©bourser.

A vous de voir, dans tout les cas, bonne écriture, et bon courage !

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