2015 février | Mes-idées

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Mes créations et points de vue

Vous voulez vous lancer dans l’apiculture ? Et pour ce faire, pour commencer, vous dĂ©sirez commencer avec un essaim. Bonne idĂ©e ! Mais un essaim ne signifie pas un Ă©quipement au rabais, et pour commencer sereinement, contrairement Ă  ce qu’on pourrait croire, il n’est pas conseillĂ© de tout acheter en un exemplaire. Petit tour d’horizon pour ce qu’il vous faut vraiment pour un essaim, avec comme optique de n’en garder qu’un seul durant quelques temps. Pour chaque essaim supplĂ©mentaire, il faudra additionner par autant d’Ă©lĂ©ments, sauf pour les Ă©lĂ©ments de base.

ÉlĂ©ments de base Ă  n’avoir qu’en un seul exemplaire quel que soit le nombre de ruches :

Tenue apiculteur

- Vareuse, gants, pantalon : la totale, oui. Pourquoi, allez vous me demander ? On peut voir certains apiculteurs aller dans les ruches sans aucune protection. En fait, cela dĂ©pendra de la race d’abeilles : certaines sont plus douces que d’autres. Cependant, mĂŞme si vous prenez la race la plus douce au monde, mĂ©fiance ! Selon le temps (orageux, venteux, pluvieux) mais aussi selon les ressources (lors de pĂ©nuries), sans oublier l’hybridation, les abeilles peuvent devenir très teigneuses, il n’est pas possible de dĂ©terminer avec certitude leur comportement, alors, prudence est mère de suretĂ© : la vareuse pour Ă©viter les attaques au visage essentiellement, les gants pour Ă©viter qu’une abeille vous pique les doigts, le pantalon si les abeilles sont violentes : Ă  noter qu’un pantalon classique ne suffit pas, les dards traversent la matière. Cependant, seul la vareuse est indispensable : vous pouvez enfiler 2 pantalons pour Ă©viter les piqures et utiliser d’autres gants si vous en avez de suffisamment robustes… Et long, car il faut surtout ne laisser aucun espace.

Enfumoir

- Enfumoir : totalement indispensable. Contrairement Ă  ce qu’on peut croire, l’enfumoir ne calme pas les abeilles.. En rĂ©alitĂ©, la fumĂ©e va faire croire aux abeilles Ă  un incendie, ce qui va entrainer deux rĂ©actions : la dĂ©fense plutĂ´t que l’attaque, les abeilles vont se gaver de miel pour une Ă©ventuelle fuite et vont avoir moins tendance Ă  piquer (ce qui ne veut pas dire qu’elles ne piqueront pas cependant), et du fait de la fumĂ©e, les phĂ©romones utilisĂ©es par les abeilles auront moins de portĂ©e, limitant ainsi les appels d’attaques.

Lève cadres

- Lève cadres : comme son nom l’indique, c’est un outil pour lever les cadres. Dispensable ? On pourrait le croire, mais non ! Si les abeilles ne feraient que de la cire, il serait en effet dispensable, le souci c’est qu’elles utilisent aussi de la propolis, une sorte de colle, sans lève cadre, vous n’arrivez pas Ă  les retirer si ils sont soudĂ©s avec la propolis.

Passons au matériel constituant la ruche et ses éléments à proprement parlé.

Plateau grillagé

- le plateau grillagĂ© : la base de la ruche, je vous conseille grillagĂ© pour une meilleure aĂ©ration : les abeilles ne craignent pas le froid mais l’humiditĂ© ! Elles peuvent se rĂ©chauffer mais peuvent difficilement retirer l’excĂ©dent d’eau.

Corps de ruche

- le corps avec cadres : le cĹ“ur de l’essaim, c’est l’endroit qui sera continuellement utilisĂ©. Pour des questions d’hygiène, il faut veiller Ă  renouveler les cadres tout les 2-3 ans, ainsi, pour un corps dadant de 10 cadres, mieux vaut prendre directement 15 voir 20 cadres au cas ou. De toutes façons, ils ne seront jamais perdus.

Couvre cadres

- couvre cadre : Ă  mettre au-dessus de la ruche pour qu’aucune intrusion ne se fasse par le haut.

Hausse avec cadres

- hausse avec cadres de hausses : le but de la plupart des apiculteurs, c’est de rĂ©colter du miel. Sachez cependant que ce n’est pas forcĂ©ment le cas chaque annĂ©e. ceci dit, la hausse reste indispensable, soit pour rĂ©colter du miel les bonnes annĂ©es, ou au contraire, pour abriter le nourrisseur les autres annĂ©es, selon le modèle.

Toit tĂ´le ruche

- le toit : en tôle pour éviter que le bois ne pourrisse et ne se détériore trop vite

Essaim abeilles

- l’essaim : sans abeille, l’apiculteur n’en est pas vraiment un ! Normalement, un essaim dure plusieurs annĂ©es, mais selon les alĂ©as climatiques et/ou l’essaimage et/ou les maladies, un essaim pourra ne durer que quelques mois… Sachez le, car l’investissement dans un essaim ne sera pas forcĂ©ment amorti.

Nourrisseur

- nourrisseur : durant les pĂ©riodes de disettes, si vous ne voulez pas que vos abeilles meurent, si leurs rĂ©serves ne sont pas suffisantes, il faudra les nourrir ! Il vous faudra compter ainsi sur un nourrisseur et du sirop. Sachez qu’il existe diffĂ©rentes sortes de nourrisseur et de nourriture, Ă  utiliser selon les saisons et selon vos prĂ©fĂ©rences.

- anti varroa : il existe bien des maladies que les abeilles peuvent attraper, mais si vous avez un minimum d’hygiène dans vos ruches et si votre essaim est suffisamment fort (c’est Ă  dire, qu’il possède des rĂ©serves suffisantes et qu’il soit important), le risque de maladie est faible. Cependant, votre essaim sera forcĂ©ment infestĂ© de varroa, ce qui l’affaiblira : il vous faut absolument traiter votre ruche pour au moins limiter les varroa. DiffĂ©rentes mĂ©thodes existent.

Partition

- partition : si votre ruche ne s’est pas assez dĂ©veloppĂ©e et si elle ne dispose pas d’un cadre de corps entièrement garni de miel, la partition permettra de “couper” votre ruche afin rĂ©duire la perte de chaleur. La partition vous permet aussi d’effectuer d’autres manipulations mais dont vous n’aurez pas besoin d’effectuer en tant que dĂ©butant

Ruchette

- ruchette : si votre essaim essaime, une ruchette s’avèrera vite indispensable pour le rĂ©cupĂ©rer. Autre utilisation : attraper un essaim sauvage ou ne venant pas de chez vous pour “rapidement” augmenter votre cheptel. Le problème Ă©tant qu’avec cette mĂ©thode, il est très difficile de dĂ©terminer rapidement la valeur de l’essaim attrapĂ©, vous ne pourrez que le constater après plusieurs semaines voir mois.

Passons aux éléments optionnels, que vous pourrez acquérir par la suite si vous en jugez nécessaire mais qui ne sont pas indispensables pour peu de ruches :

Grille Ă  reine

- grille Ă  reine : elle sert Ă  filtrer les abeilles de la reine pour que cette dernière ne puisse pas aller dans la hausse. Pourquoi est-il dispensable ? Pour deux raisons : d’abord, parce qu’il vous faudra arriver jusqu’au stade de la hausse, ce qui n’est pas forcĂ©ment le cas chaque annĂ©e. De plus, la grille Ă  reine peut limiter l’accès aux abeilles aussi, certains apiculteurs ne mettent pas de grilles Ă  reine car ils estiment que la production va ĂŞtre moindre ; Ă  vous de voir. De plus, selon les espèces, comme l’abeille noire, grille Ă  reine ou pas, la reine aura tendance Ă  ne pas monter pour pondre. A vous de dĂ©cider.

Chasse abeilles

- chasse abeille : le chasse abeilles ne sert que pour vider les hausses de production ; cela implique d’avoir des hausses remplies, et si vous n’en avez qu’une ou deux, vous pourrez enlever les abeilles “Ă  la main” ou en secouant les cadres. Ceci dit le chasse abeille devient vite indispensable si vous rĂ©colter plusieurs hausses.

Brosse

- brosse : sert Ă  dĂ©barrasser les abeilles des cadres. Peut ĂŞtre utile pour mieux visualiser l’intĂ©rieur des cellules ou pour retirer les abeilles avant rĂ©colte, mais ça reste dispensable

- pièges à frelons : pour les frelons asiatiques. Inutile si vous êtes dans une région ou il n y en a pas (encore), si vous en avez et que vos ruches sont attaqués, ça peut être un bon moyen pour limiter les pertes

Dernière catĂ©gorie : les Ă©lĂ©ments inutiles, ceux dont vous n’aurez pas besoin en tant qu’amateur :
- Ă©lĂ©ments de capture d’essaim : mis Ă  part la ruchette au cas ou, les autres Ă©lĂ©ments ne vous serviront pas, Ă  moins que vous n’ayez envie de dĂ©velopper votre cheptel, et la encore, puisqu’il est possible de diviser votre essaim primaire
- tout les Ă©lĂ©ments d’Ă©levage de reines : il existe tout un tas d’Ă©lĂ©ments pour Ă©lever des reines, mais si vous n’avez pas l’intention d’augmenter votre cheptel ou très peu, ils ne vous seront pas utiles.

- tout les Ă©lĂ©ments de rĂ©coltes : on pourrait penser qu’il faut rapidement des Ă©lĂ©ments pour rĂ©colter, et ce n’est pas faux… Mais au vu de leur coĂ»t et de leur taille, investir lĂ  dedans est une pure folie : vous utiliserez du matĂ©riel Ă  plusieurs milliers d’euros pour un ou deux jours par an maximum ! En rĂ©alitĂ©, vous pouvez vous passer de ce matĂ©riel, il vous suffit d’aller Ă  votre syndicat qui vous prĂŞtera avec plaisir le sien.

- et le terrain ? Une question qu’on peut se poser en dĂ©butant l’apiculteur Ă©tant : faut-il un terrain pour dĂ©buter ? Pas nĂ©cessairement. Vous pouvez dĂ©buter chez vous pour peu que vous avez un terrain avec des haies ou palissades pour Ă©viter que les abeilles n’aillent visiter trop souvent vos voisins, et c’est certainement le moyen idĂ©al pour dĂ©buter, puisque vous aurez un Ĺ“il rĂ©gulier sur la ruche. Attention cependant Ă  ne pas tomber dans le piège du “je vais voir l’essaim quotidiennement pour voir si tout va bien” : avoir un Ĺ“il sur la ruche signifie sur l’activitĂ© des abeilles Ă  l’extĂ©rieur des ruches, et non pas ouvrir la ruche pour voir si tout va bien : moins vous dĂ©rangez l’essaim, mieux elle ira.
Et si vous n’avez pas de terrain ? Inutile d’en acheter un, demandez aux alentours, voisins, vergers, agriculteurs, mairies, et choisissez un emplacement idĂ©al pour vos ruches (exposĂ©es au soleil, sans monocultures idĂ©alement) : en Ă©changer de l’emplacement, donnez une partie du fruit de vos rĂ©coltes et tout le monde sera content :)
Par contre une contrainte : ne prenez pas de terrain trop Ă©loignĂ© de chez vous, ce sera beaucoup plus simple si vous avez accès Ă  vos ruches en moins de 10 minutes plutĂ´t que si vous devez mettre 30 minutes ou plus pour y aller : autant en règle gĂ©nĂ©ral ce n’est pas très contraignant puisque vous pouvez visitez vos ruches qu’une fois par mois voir moins, mais du moment que vous devez y retourner plusieurs fois dans un temps court (oubli de matĂ©riel, traitements, etc), cela vous fera perdre beaucoup de temps et vous motivera moins Ă  y retournez : pensez y.

Voici donc le matĂ©riel de base pour dĂ©buter dans l’apiculture. Mais sachez bien que le matĂ©riel fait loin de tout faire : pour dĂ©buter, avant mĂŞme de penser matĂ©riel, il vous faudra penser connaissances et compĂ©tences, c’est Ă  dire, thĂ©orie et pratique. L’apiculture peut certes ĂŞtre un loisir, mais c’est aussi un mĂ©tier : pour le bien des abeilles et pour Ă©viter de faire face Ă  des Ă©checs rĂ©pĂ©tĂ©s, vous vous devez dans un premier temps de connaĂ®tre le monde des abeilles et d’affiner vos connaissances, en cela le meilleur moyen reste la lecture de diffĂ©rents livres, puis, une fois que vous en savez plus, de vous lancez vĂ©ritablement, le mieux Ă©tant de dĂ©buter via un syndicat ou une connaissance qui vous initiera en pratiquant, car entre les livres, les abeilles que vous pouvez voir butiner dans les fleurs et les abeilles dans leur ruche, il y a d’Ă©normes diffĂ©rences qu’il vous faudra connaitre puis maitriser.
Et lorsque vous aurez des ruches et/ou une production de miel ou d’autres choses, je vous conseille d’aller faire un tour sur http://co-nexion.com, qui vous permet de faire le suivi de vos ruches mais aussi de vendre votre production.

Combien ça coûte ?

Pour une seule ruche et un essaim, comptez environ 300€ pour une annĂ©e. Ce montant n’est pas absolu et dĂ©pend de nombreux facteurs, parlons plutĂ´t d’une moyenne sur l’annĂ©e, et sachez que niveau Ă©quipement, l’investissement n’est Ă  faire qu’une seule fois, les annĂ©es suivantes, il “suffit” de s’approvisionner en carburant (sirop, candy et traitements pour les abeilles, carburant pour l’enfumoir).

Quand devient-on un “vrai” apiculteur ?

Question typique, parce qu’il est vrai qu’avoir le matĂ©riel et/ou des abeilles ne fait pas de vous un apiculteur.
DĂ©jĂ , il faut savoir qu’aucun apiculteur n’a de rĂ©ponses Ă  tout : mĂŞme avec 10 ans de pratique, on peut apprendre des choses, il n y a donc pas de seuil qui vous rend vĂ©ritablement apiculteur, d’oĂą une certaine difficultĂ© Ă  savoir si l’on est un vrai apiculteur ou non…
En fait, la rĂ©ponse variera selon chaque apiculteur, mais globalement, je pense qu’on devient “un vrai” une fois une saison complète passĂ©e et complĂ©tĂ©e, c’est Ă  dire, une fois que vous avez installĂ© une ruche, subit ou crĂ©e un essaimage, rĂ©cupĂ©rĂ© un essaim, rĂ©coltĂ© du miel, traitĂ© la ruche, et pour finir, avoir rĂ©ussit Ă  passer un hivernage sans subir de pertes. Soit, plutĂ´t 2 saisons qu’une, encore qu’il est possible de tout faire en une annĂ©e, tout comme il est possible de ne pas faire l’une ou l’autre de ces choses en plusieurs annĂ©es, mais comme dit, il n y a pas d’impĂ©ratif pour ‘ĂŞtre” un apiculteur : est apiculteur toute celles et ceux qui le vivent.

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