Extrait de déresponsabilité sociale | Mes-idées

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Je me souviens, étant enfant, que j’avais un rêve, un idéal, un espoir fondé sur l’apprentissage de mes parents, de mes proches. Plus que de vouloir devenir pompier, astronaute ou chercheur, mon rêve à moi, c’était de devenir … responsable. Être responsable de ses actes, faire les choses en toute connaissance de cause, répondre de ses actes, ne pas se dérober, être fier de ce qu’on fait, en être sûr et certain.
Un rêve qui semble très abordable, au premier abord. En quoi être responsable est-il difficile ? Il suffit, au final, d’être un minimum initié, un tant soit peu intelligent et logique, et la responsabilité coule de source. Qui ferait jouer ses enfants au bord d’un ravin ? Qui appuierait sur le bouton de l’envoi d’une tête nucléaire ? Qui irait à son camping-car accroché à la voiture en laissant la voiture sans conducteur ? Qui irait s’enfermer dans un transformateur à haute tension ?

Questions stupides, et pourtant, tous ces cas pratiques ont eu lieu, sans que les inconscients ne soient remis en cause, bien au contraire.
Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi cela est-il devenu normal d’être irresponsable ? Quand et comment a été amenée cette déresponsabilisation ? Le problème est profond, généralisé, à tel point qu’il est devenu normal d’excuser le bourreau et de blâmer la victime qui a, pour ainsi dire, tenté le bourreau. Blâmer ou, en tout cas, l’excuser, et la faire passer pour une victime. Cette histoire, ou plutôt, ce fait divers, est révélateur de l’état de certaines personnes, qui sont prêtes à excuser et à légitimer tous les actes, tous les meurtres, tous les viols : une journaliste néerlandaise est partie en Afghanistan pour interviewer les talibans, tueurs de 10 soldats français. Bien évidemment, elle fut kidnappée et violée durant 6 jours.
Mais elle n’en veut pas à ses ravisseurs ni à ses violeurs : non, elle en veut à son pays, pour ne pas avoir payé la rançon, et pour avoir politisé son calvaire. Comment mieux expliquer la dégénérescence de ces personnes ? Sans vouloir remettre la vengeance personnelle au goût du jour, il paraît censé d’avoir un ressenti négatif vis-à-vis des personnes vous ayant fait du mal. Plus que le ressenti négatif, le vœu est qu’elles paient, d’une façon ou d’une autre, la violence qu’elles vous ont infligé sans raison, et c’est là qu’intervient la Justice, cette institution qui a été faite pour faire payer le bourreau et dédommager la victime de façon détachée, avec des personnes n’ayant rien à voir avec les personnes incriminées.
Mais lorsque la victime n’en veut pas à son bourreau, la Justice ne devient-elle pas obsolète ? Et à ce moment, est-ce que l’on peut encore parler de bien et de mal, si personne ne trouve à redire face à n’importe quel acte, que ce soit les violences, les tueries ou les viols ?
Bien sûr, les notions de bien et de mal peuvent changer dans le temps, elles évoluent. Mais si plus rien n’est condamnable, ne serait-ce pas le début d’une société chaotique qui ne pourra finir que vers une société de violences, où la loi du plus fort prévaudra ? Comment s’en prémunir ? Comment revenir à une société de raison ?

Extrait tiré du livre déresponsabilité sociale, que vous pouvez retrouver ici.

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