Car oui, il faut le dire : Umineko est moins bien qu’Higurashi. Mais pourquoi ? C’est d’autant plus Ă©tonnant puisque les auteurs sont les mĂŞmes, et que, logiquement, ils devraient ĂŞtre beaucoup plus rodĂ©s sur l’intrigue.
Mais pour commencer, il faut mentionner les points où Umineko est supérieur à Higurashi.
Le premier point, le plus flagrant, c’est, forcĂ©ment, le graphisme. Enfin on a droit Ă des personnages dignes de ce nom, qui font plus “vrai” qu’Higurashi. Après, l’on pourra critiquer le choix des costumes, qui va de pire en pis il faut bien l’admettre, mais ça reste “classieux”. A peu près.

Le second point, c’est qu’Umineko va beaucoup plus loin qu’Higurashi, Ă certains points de vue : de 4 suspectes, on passe Ă 18. LĂ , on ne peut pas dire qu’ils ont fait dans la demi-mesure, et tant mieux.
Passons aux points Ă©quivalents… Comment ça, vous attendiez d’autres points supĂ©rieurs Ă Higurashi ? DĂ©solĂ©, je n’en ai pas d’autres sous la main… Les points Ă©quivalents, ou plutĂ´t, LE point Ă©quivalent, c’est… *roulements de tambours* les musiques ! Oui, bien que d’une ambiance totalement diffĂ©rente, que ce soit pour Umineko ou Higurashi, les musiques sont sublimes et collent parfaitement Ă chaque ambiance.
Higurashi a mis dans le mille pour chacune des saisons, Umineko, que ce soit l’opening ou l’ending, tape aussi dans le mille, ambiance retranscrite garantie.
Bien, passons au gros de l’article, c’est Ă dire, le pourquoi qu’Umineko est moins bien qu’Higurashi, et je rajoute “en anime”. Car il se peut que le Visual novel soit meilleur qu’Higurashi, ou Ă©quivalent niveau qualitĂ©, mais je ne peux en aucun cas comparer le Visual novel, puisque, de un, je n’ai lu que 2 chapitres pour Higurashi (disponible Ă la vente en français je rappelle), et de deux, je n’ai pas lu une seule ligne d’Umineko.
Ceci dit, j’ai eu quelques Ă©chos comme quoi le Visual novel est beaucoup plus profond.
On en arrive au problème principal. Higurashi (vous m’excuserez par ailleurs de ne pas mettre Ă chaque fois le titre en entier) fut la copie conforme du Visual novel -ou presque. Umineko saute apparemment pas mal d’Ă©tapes, ce qui lui vaut une histoire moins creusĂ©e. Un comble, quand on sait qu’il y’a 4 fois plus de suspects potentiels.
Seulement, alors qu’Higurashi se basait sur un arc, une histoire centrĂ©e sur un personnage, ici, impossible Ă refaire, ou alors il aurait fallu plus de 40 Ă©pisodes rien que pour la saison 1.
Et on en arrive directement au second problème, Ă savoir, et c’est logique, des personnages beaucoup moins fouillĂ©s en profondeur qu’Higurashi. Ben oui, on a pas le temps de s’attacher vraiment. A part Ă Maria, qui Ă©nerve plus qu’autre chose au dĂ©but ou Ă Battler, qui m’Ă©nerve aussi avec son cĂ´tĂ© je sais tout, et qui finalement ne creuse vraiment pas beaucoup, le reste des personnages n’est que survolĂ©s.
Le dernier gros problème d’Umineko, ce sont les parts de mystère et d’horreur, totalement absents, qui manquent cruellement Ă la sĂ©rie.
Par rapport Ă Higurashi, car, c’est normal, on a tendance Ă comparer Ă Higurashi, le mystère est absent. Pourquoi ? Car dans Higurashi, on ne sait rien, au dĂ©part. Le mystère y est diluĂ©, avec, au dĂ©but, 2-3 infos sur Yashiro-sama, mais rien de plus. A aucun moment, on ne sait si cette lĂ©gende est vraie ou non. A aucun moment, on ne voit Yashiro-sama. Et, comble du mystère, personne ne sait, pas mĂŞme les personnages.
Umineko, dès le premier Ă©pisode, on nous apprend l’existence de BĂ©atrice, et très rapidement, tout le monde va se rallier Ă sa croyance. Pire : elle va apparaĂ®tre. Et on va nous balancer moults effets magiques, discrĂ©ditant tout aspect rĂ©el et sĂ©rieux de la sĂ©rie.
Le seul rempart, Ă ce moment, c’est Battler. Mais lĂ aussi, il y’a un souci : il s’oppose Ă la croyance uniquement pour s’opposer. Il n’a absolument rien avec lui, pas d’indice, pas de preuve, rien.
Vous allez me dire, Ă ce moment “oui mais les preuves, c’est toi qui doit les chercher”. Certes. Le concept est le mĂŞme qu’Higurashi finalement, mais franchement, alors qu’Higurashi faisait dans le rĂ©aliste tout le long, Umineko tombe rapidement dans le grotesque. Et personnellement, ça ne me donne pas du tout envie de chercher. En fait, je me suis creusĂ© les mĂ©ninges, mais qu’au premier arc. Après, plus envie. Actuellement, que je sache ou non la fin ne me dĂ©range absolument pas. Je la regarderais certainement, mais en aucun cas je la regarderais avec passion.
Non, parce qu’entre les illusions, les personnages apparues d’on ne sait oĂą, les armes magiques, les chambres closes, les serviteurs, les bunny girls (fallait oser), les sorcières et j’en passe, rien de tout cela ne me semble vraiment rĂ©el.
Car dans Umineko, dès le second Ă©pisode, on te le dit, on te l’assure mĂŞme : les sorcières et la magie existent !! Et on te le rabâche tout le temps, ce qui, personnellement, ne me donne pas envie de prouver le contraire. Dans Higurashi, on voulait connaĂ®tre le fin mot de l’histoire, le pourquoi du comment, car ça impliquait tout un village, toute une rĂ©gion au passĂ© mystĂ©rieux. Umineko, c’est une affaire d’une famille riche, 18 clampins, sur une Ă®le qui plus est.
Reste alors l’espoir que l’on puisse s’attacher Ă un personnage, par peur ou par passion. Ben, non. La seule avec qui j’aurais pu m’attacher, c’est Maria (son cĂ´tĂ© kawaii), seulement, elle tombe rapidement dans le concept “soulante”, Ă gueuler tout le temps et Ă croire BĂ©atrice Ă fond.
Les autres personnages sont de toutes façons anecdotiques. Battler m’Ă©nerve, Jessica n’a que peu de personnalitĂ©, Georges est fidèle au poste de gars Ă lunettes (c’est Ă dire, anodin). Reste les adultes, dont on ne sait que très peu de choses, et les domestiques, Shania, j’aimais plutĂ´t bien jusqu’au fameux Ă©pisode oĂą elle rencontre BĂ©atrice et lui fait vĹ“u de pouvoir aimer sans contrainte, la discrĂ©ditant de beaucoup Ă mes yeux. Et puis, finalement, elle reste assez plate. Au niveau de la personnalitĂ© hein, sa poitrine ne l’Ă©tant pas vraiment
Le dernier, Kanon, au dĂ©but je pensais que c’Ă©tait une nana. Puis, une fois que je me suis aperçu de mon erreur, j’ai rapidement appris Ă le dĂ©tester cordialement, il ne sert absolument Ă rien, et sa fâcheuse habitude de se traiter de meubles ne donne finalement qu’une seule envie : de l’encastrer dans un meuble, justement.
Mentionnons aussi le fait que dans Higurashi, beaucoup des personnages avaient des tics verbaux : Rena, Ă rĂ©pĂ©ter la fin de phrase, Rika, ses Nipaah, Satoko, ses Nii Nii, etc. Cela renforçait le cĂ´tĂ© mignon des personnages et leur charisme, et, globalement, dans n’importe quel anime, c’est le cas.
Mais il y’a des exceptions. Ainsi, Umineko n’a plus qu’un personnage qui a un tic verbal : Maria. Et elle le fait tellement souvent qu’il Ă©nerve plus qu’autre chose.
Cela dit, je ne vais pas trop insister sur ce point, Ă l’origine, les tics verbaux (notamment les “desu”) sont couramment utilisĂ©s par les enfants ; Umineko n’a qu’un seul enfant, c’est donc dans la logique des choses qu’on a pas Ă©normĂ©ment de tics verbaux, mais c’est c’est un peu dommage.
Bref, beaucoup de personnages, mais aucun, Ă mes yeux, qui n’atteint n’importe quel personnage d’Higurashi.
Et le côté horreur ? Disparu. A pu. Pfiouuuu~
Le cĂ´tĂ© horreur, il y’en a deux en rĂ©alitĂ©, en gĂ©nĂ©ral : l’horreur pur, avec par exemple une dĂ©fenestration, avec morceaux de cervelles qui giclent, par exemple, et l’horreur d’ambiance, avec par exemple des monstres cachĂ©s dans la brume, pensez Ă Silent Hill ou Alien.
Higurashi, ça mixait un peu les deux : l’horreur d’ambiance, avec des scènes extrĂŞmement froides, lĂ , le meilleur exemple reste Rena et son fameux “USO DA” :
mais aussi l’horreur pure et dure, avec des scènes de tortures assez dures.
Umineko, l’horreur d’ambiance, il va falloir rapidement l’oublier, puisque les scènes de “pĂ©tage de plomb” lorgnent plus du cĂ´tĂ© grotesque. Reste l’horreur pure ? Bip biiiiiip ! Bien qu’il y’ait des scènes crues, elles sont… CensurĂ©es. Gloups. Pas que je sois adepte de la chair et du sang, pas du tout, mais pour l’ambiance gĂ©nĂ©rale de la sĂ©rie, c’est totalement absurde de censurer ce genre de passage.
Et finalement, il ne reste pas grand chose Ă l’horreur.
Et mĂŞme, finalement, il ne reste pas grand chose Ă la sĂ©rie. L’envie de savoir si la magie existe ? MĂŞme pas, puisque, logiquement, elle n’existe pas, et si elle existerait bien, dans l’anime, l’anime en lui mĂŞme n’a plus de fondement. Savoir qui est le coupable ? Et comment tout ça est possible ?
Oui, ne reste que ces 2 questions, mais dont je n’ai pas spĂ©cialement envie de connaĂ®tre les rĂ©ponses ^^
Bref, Umineko, globalement, m’a déçu. Peut ĂŞtre que lors des rĂ©ponses, je serais bluffĂ©, c’est probable, mais il n’en reste pas moins que l’univers d’Umineko ne m’intĂ©resse pas autant que celui d’Higurashi. L’univers, les personnages, les mystères. C’est pourquoi je prĂ©fère me souvenir du studio 7th, la fabuleuse sage qu’est Higurashi et mettre de cĂ´tĂ© Umineko, mĂŞme si, pour le moment, Umineko n’est pas encore fini.
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